FUNKYOU
ARRIBA ARRIBA, PATATAS Y TORTILLAS, nous sommes rentrés d'Espagne. Et pour plus de précision, je suis également rentré chez moi.
Après trois semaines de glandage absolu à l'ombre des matelas gonflables hollandais, de descentes de bières et tapas en tous genres, de bronzage décadent aux abords de la piscine privée dont le balcon de l'appartement nous offrât une si subliminimissible vue, de déambulage dans les rues bondées de Barcelone, d'ingurgitation de crèpes, helados, pinchos, tortillas, cervezas, churros, aguas mineral con gas, aguas mineral sin gas, aqua de la playa con mucho mucho sal, et j'en oublie, je retrouve l'urbanité et la désolante mais traditionnelle monotonie du paysage français. Je quitte également ma Choute, qui elle se pose brièvement avant de repartir ENCORE une semaine, abandonnant un Chou désespéré et solitaire, en plein transit dans une rue Montpellieroise (?), avachi à la table d'un café, à relater trois semaines de pure pleasure.
Par où commencer, et surtout, comment finir ? Le temps est tellement long et court, les vacances tellement vastes, les mots tellement faibles. Si, bien sur, à l'évocation des mots GLANDAGE, BRONZETTE, et PROFIT, on entrevoit un minimum l'aventure en question, il est indispensable d'y ajouter les mots CHALEUR, PLUIE (car l'un et l'autre ne sont malheureusement pas incompatibles, cette année), ZOO (et par là CANARD, cela va de soi), PLAGE, SABLE, MER, et avant tout chose, DESTRESSAGE.
Car là est le but initial des vacances : la relaxation.
Mais c'est pas avec un rythme 12h-02h qu'on risquait vraiment le claquage musculaire.
Bien que les journées de rienfoutage se soient souvent substituées aux éventuelles visites de Barcelone, on ne peut dénier l'impressionnante architecture de la ville elle-même, ainsi que le fourmillement de touristes, résidents, vieux, jeunes, monstres, bogoss_de_la_playa s'y aventurant. Barcelone est grande, Barcelone est chôde, Barcelone est l'endroit idéal pour le tournage d'un film racontant la vie en communauté d'une demi douzaine de jeunes Européens dans un seul et unique appartement. L'argument majoritaire et prédominant est le prix de l'alcool, TELLEMENT différent du French-taxing. La si imposante charge qui pèse sur les produits de consommation français semble s'évaporer, affaiblissant les prix d'approximativement 20 ou 30%. C'est pas rien. L'Espagne reflète une image tellement différente de la France, plus jeune, bordélique, assurée, sortie quelque peu des clichés désolants qui s'accumulent de part et d'autre de l'hexagone.
La grosse déception tenait pour ainsi dire dans l'état lamentablement insalubre du premier appartement entrevu le temps d'une petite semaine. Comment, oh Dieu comment, un être humain un tant soit peu sensible à la propreté, interessé par son propre confort sanitaire, peut-il décemment et impuniment louer à de pauvres et innocents touristes un studio aussi délabré ? La malhonnêteté est un pêché bien plus méprisable que le viol ou la torture, cependant les coupables sont souvent les plus camouflés. Heureusement, le potentiel (et la vue) du deuxième appart sauvèrent les 2/3 des vacances entamées, ce qui nous permit d'accéder simultanément à la plage et la piscine en moins de 3 minutes.
Et non, ce n'est pas négligeable. Enfin, une fois le séjour achevé, restent pricipalement des souvenirs attachants, décontractants, imbibés, un aperçu de la vie avec Choute, des souvenirs de l'an dernier, bref, toute une galaxie multicolore constellée de fragments de mémoire qui, mis bout-à-bout, forment un tableau pétillant, digne d'un Dali dans ses meilleurs jours, anobli par le vernis intemporel de la mémoire.
Et un jour, j'écrirai un bouquin.
Voilà, maintenant tout ce qu'il me reste à faire, c'est patienter, peut être une ou deux semaines, avant de retrouver ma Nane et Paris, et ne pas revenir avant longtemps. J'attaque la fac cette année, je déménage, je change de vie, de climat, d'environnement. J'ai grandi, vieilli, et je m'en rends à peine compte.
Cette jolie phrase était digne d'un Marc Levy, mais je la garde quand même.
Qu'ajouter ? Je suis finalement rentré chez moi, où j'ai retrouvé mon jardin, ma maison, mon bordel, et que ça me détend un peu ? Que je vais probablement passer une semaine sur Final Fantasy 7 ? Mais surtout, que les mauvaises langues ont, encore une fois, échoué, car passer deux mois avec Nane a été l'une des plus formidables expériences de ma vie, et que je n'ai qu'une hâte, c'est d'y retourner ? Ce serait tellement facile de pouvoir casser une main de chaque gogol qui poste une fausse prophétie sur ce blog, mais à la fois si morne : privés d'un tel extase qu'est celui de jeter des caillasses dans le joli lac sans fond qu'est ma vie, qu'adviendra-t-il de ces nombreux attardés ? Finiront-ils eux aussi SDF, fonctionnaires dans l'administration, flics, profs, auteurs de poèmes post-romantiques ? Peut-etre même peuplent-ils votre quotidien, vos amis, votre famille, et dans votre dos, le soir, traînent sur Internet avec la ferme intention de laisser des commentaires méchants et pas gentils à des gens qu'ils n'ont jamais vus, dans l'espoir de les rendre tristes ? A chacun sa vérité ; désormais, la troisième Guerre Mondiale est déclarée, et elle durera, comme l'ont prédit les scientifiques, moins de 24 heures, qui se répètent inlassablement, tous les jours que Dieu fait, jusqu'à l'extinction totale de l'homo sapiens-sapiens.
Et ça arrivera vite.